Lundi 27 juillet 2009
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Monsieur le Recteur,
Dans la citerne étroite que vous appelez "Pensée", les rayons spirituels pourrissent comme de la paille.
Assez de jeux de langue, d'artifices de syntaxe, de jongleries de formules, il y a à trouver maintenant la grande Loi du
coeur, la Loi qui ne soit pas une loi, une prison, mais un guide pour l' Esprit perdu dans son propre labyrinthe. Plus loin que ce que la science pourra jamais toucher, là où les faisceaux de la
raison se brisent contre les nuages, ce labyrinthe existe, point central où convergent toutes les forces de l'être, les utltimes nervures de l'Esprit. Dans ce dédale de murailles mouvantes et
toujours déplacées, hors de toutes les formes connues de pensée, notre Esprit se meut, épiant ses mouvements les plus secrets et spontanés, ceux qui ont un caractère de révélation, cet air venu
d'ailleurs, tombé du ciel.
Mais la race des prophètes s'est éteinte. L'Europe se cristallise, se momifie lentement sous les bandelettes de ses
frontières, de ses usines, de ses tribunaux, de ses universités. L'Esprit gelé craque entre les ais minéraux qui se resserrent sur lui. La faute en est à vos systèmes moisis, à votre
logique de 2 et 2 font 4, la faute en est à vous, Recteurs, pris au filet des syllogismes. Vous fabriquez des ingénieurs, des magistrats, des médecins à qui échappent les vrais mystères du corps,
les lois cosmiques de l'être, de faux savants aveugles dans l'outre-terre, des philosophes qui prétendent reconstruire l'Esprit. Le plus petit acte de création spontanée est un monde plus
complexe et plus révélateur qu'une quelconque métaphysique (...)
Antonin Artaud (1896-1948) (In Oeuvres complètes,
I, éd. Gallimard)
Nous avons moins besoin d'adeptes actifs que d'adeptes bouleversés.
(In Oeuvres complètes, I, éd. Gallimard)
SEGHERS Pierre, Le livre d'or de la poésie française, Marabout, 1972
chaude journée d'été
que les pensées sont futiles
coquerique le
coq
©Rosa M.
Par Rosa M.
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Publié dans : Hommes libres !?
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